Le MBO, autre voie de rachat d’une entreprise

30 octobre 2013

Isabelle Marie

Le Management Buy-Out (MBO), ou en bon français Rachat de l’Entreprise par les Salariés (RES), est une opération de rachat de leur entreprise par des salariés, dans la grande majorité des cas par le management. En l’absence de capitaux suffisant, le rachat se fait par endettement, en mettant à profit la capacité d’emprunt de l’entreprise elle-même.

L’un des principes du MBO est de limiter l’investissement initial et de lever de la dette. Beaucoup de montages financiers se font par un emprunt bancaire classique (la dette senior) compléter par une dette mezzanine. Si le taux de cette dernière est plus élevé, son avantage premier est qu’elle est remboursée après la dette senior. En théorie, l’entreprise ne sera donc pas étranglée par le remboursement de sa dette, cette dernière étant plus étalée dans le temps grâce à la partie mezzanine du plan de financement.

Pour que les financiers suivent le management dans ses projets, l’entreprise doit dégager quelques millions d’euros de chiffre d’affaires et bénéficier d’une rentabilité récurrente. Son potentiel de croissance doit être réel afin que la dette stérile dont hérite l’entreprise puisse être remboursée dans des conditions satisfaisantes.

Trois fonds pour un MBO

Citons l’exemple d’Irrijardin, le réseau qui s’est spécialisé dans les piscines, spas et systèmes d’arrosage. Un pool de financiers et les dirigeants de la société viennent de réaliser un nouvel MBO qui permet d’accroître la participation du management à plus de 60 % du capital.

Cette nouvelle opération, réalisée avec les mêmes partenaires financiers et bancaires que la précédente en 2006, a pour vocation d’accompagner le groupe dans ses nouveaux projets avec l’ouverture de 7 à 10 points de vente annuels dans les prochaines années. Le réseau compte aujourd’hui 71 points de vente. L’an passé, le chiffre d’affaires de l’enseigne s’est établi à 39 millions d’euros, en progression de 10 % sur l’exercice précédent. Depuis 5 ans, le chiffre d’affaires de l’enseigne progresse plus fortement que son marché.
« Nous avons pu observer d’un bon œil les actions de structuration déployées par Irrijardin depuis 2008 pour réaliser son développement. Le modèle de ce franchiseur est maintenant bien établi avec une constante de 7 à 10 nouveaux points de vente par an », assurent, dans un communiqué, les partenaires financiers de l’entreprise.

Irrijardin, qui est basé à Toulouse, a bénéficié du soutien de trois fonds régionaux du Sud-Ouest, à savoir Irdi, Multicroissance ainsi que Grand Sud Ouest Capital. Ces trois acteurs du capital investissement sont présents au capital d’Irrijardin depuis 2006.