L’édito : Reprise à la barre : pourquoi pas ?

6 septembre 2016

Isabelle Marie

Une reprise à la barre peut évidemment être tentante eu égard au faible prix d’acquisition de l’entreprise qui a été défaillante. Toutefois, le repreneur potentiel, surtout s’il est novice en la matière, devra bien réfléchir avant de se lancer.

Un des points particuliers est qu’il n’y a pas de garantie d’actif et de passif. Le repreneur devrait donc se montrer particulièrement vigilant, car il ne disposera pas de filet de sécurité. Mais, gros point positif, le repreneur n’a pas à assumer les dettes, à la différence d’une reprise en plan de continuation. Il est aussi vrai que d’éventuels coûts passés de restructuration ne sont pas à sa charge.

Parmi les points négatifs d’une reprise à la barre, le fait que le repreneur ne récupère pas la trésorerie. Par ailleurs, dans certains cas, des passifs peuvent lui être transmis comme, par exemple, des arriérés de RTT ou de congés payés.

L’un des risques majeurs auquel s’expose le repreneur est de sous-évaluer les fonds nécessaires à une relance de l’activité. Les audits classiques diligentés dans le cadre du rachat d’une société in bonis ne suffisent pas. Certes, l’administrateur judiciaire va remettre à l’acquéreur un dossier de reprise assez complet, mais ce dernier ne pourra faire l’économie d’une enquête plus approfondie. Les bons connaisseurs de ce type de dossier conseillent aux repreneurs de se rendre impérativement sur place notamment pour parler avec des membres du personnel.

La question de base que se posera le repreneur est toute simple : l’entreprise peut-elle être redressée ? Pour cela, il faut que les difficultés rencontrées soient clairement identifiées, explicables et de nature conjoncturelle. Il s’avère aussi nécessaire de pouvoir rétablir un climat de confiance avec les salariés, mais aussi avec les fournisseurs et clients. De plus, le repreneur devra sonder les banques afin de s’assurer qu’elles sont disposées à le suivre. Un exemple de cas favorable est une mauvaise gestion avérée de la part de l’ancien dirigeant.

Deux autres éléments sont impératifs pour avoir une bonne chance de faire repartir l’entreprise : d’une part, être du secteur d’activité. En effet, le repreneur devra agir très rapidement et il n’aura pas le temps de découvrir un univers qu’il ne maîtrise pas. D’autre part, il devra disposer de suffisamment de fonds pour investir et pour reconstituer le BFR.

Una majorité de reprises à la barre « réussissent » dans le temps. Si le repreneur dispose de quelques fonds, a de l’expérience dans le secteur, prend le temps d’établir les bons diagnostics, alors pourquoi pas ?