L’édito : Ne pas trop attendre…

18 janvier 2017

Isabelle Marie

En dépit de ce que clament des oiseaux de mauvais augure depuis des années, le marché français de la transmission de PME est plutôt fluide. Que ce soit sur le marché « caché » ou sur le marché apparent, les entreprises saines, en tout cas in bonis, trouvent sans grande difficulté leur repreneur personne physique ou morale. Certes, la fiscalité est pour le moins fluctuante, en particulier en 2013 et 2014, mais, au final, elle ne constitue pas un véritable frein à la cession d’entreprise.

Dans le cas du cédant partant en retraite, elle est même particulièrement favorable comparativement à d’autres pays de la zone euro. Le financement, pour le repreneur, ne constitue pas non plus, en règle générale, un obstacle insurmontable. Les taux toujours historiquement bas mettent, il est vrai, de l’huile dans les rouages. Si son profil satisfait aux exigences des banques, le repreneur trouvera les fonds nécessaires à son acquisition. Si le cédant, ou l’acquéreur, a la bonne idée de faire appel à un cabinet d’intermédiation, l’opération de transmission n’en sera que plus aisée pour lui. Le marché est donc fluide. D’ailleurs, et selon les critères retenus, en volume et en valeur, la France se dispute avec l’Allemagne la première place du marché de la transmission de PME parmi les pays de la zone euro. Ce n’est pas un hasard.

Il demeure toutefois un point de blocage qu’il semble bien difficile à lever. Il s’agit de la propension de nombre de dirigeants de PME à rester aux commandes de leur entreprise en dépit d’un âge avancé. Ce phénomène se conjugue à un manque d’anticipation dans le temps du moment de la transmission. Quelles sont les conséquences de ces deux phénomènes, bien entendu très difficiles à chiffrer ?

D’une part, le dirigeant qui tarde trop à vendre son entreprise risque fort de l’affaiblir. Les années passant, et au-delà de 65 ans, ce dernier perd souvent de sa vista et de son dynamisme. L’entreprise en pâtit forcément. Elle perd de sa valeur et devient moins facilement cessible. D’autre part, le manque d’anticipation fait que le dirigeant n’aura finalement pas le temps et la latitude nécessaires pour organiser au mieux sa société dans la perspective d’une cession : modernisation de l’outil de production, organisation de l’immobilier, optimisation du BFR, etc. Par ailleurs, une organisation optimale sur le plan patrimonial peut demander plusieurs années. Davantage d’anticipation et de réactivité de la part des cédants à l’approche de la retraite lèveraient sans doute un des freins pour une meilleure fluidité du marché de la transmission de PME en France.