L’Acfci prend le pouls des repreneurs

5 décembre 2011

Isabelle Marie

""L’Acfci (l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie) vient de réaliser une étude sur les attentes des repreneurs et les solutions apportées. Réalisée en partenariat avec la Société Générale, elle permet notamment de capter les sentiments de repreneurs sur leur opération de reprise. 35 repreneurs d’entreprise de moins de 10 salariés ont été interrogés afin d’essayer de mieux percevoir et comprendre une opération de reprise.

Quelles sont les motivations des repreneurs ?

« Arrivé à la quarantaine, après avoir enrichi les autres, après avoir fait le tour des différentes fonctions d’une entreprise, l’idée était de prendre mon destin en mains, de constituer un patrimoine sur le long terme » ;  « Mettre en place sa façon de travailler, des choses qu’on a envie de faire, ne plus faire des choses à propos desquelles on n’est pas forcément d’accord quand on va travailler chez quelqu’un » ; « Les 10 dernières années je m' occupais d' une filiale de 50 personnes dans les télécoms. Difficile de trouver un poste équivalent passé 50 ans… » : voici quelques uns des commentaires des repreneurs quant à leurs motivations. Voici certaines des réflexions des repreneurs interrogés représentatives de leurs interrogations en amont de la reprise : « Quand vous reprenez l'existant, il va falloir faire avec du personnel qui est déjà là, en l'occurrence avec du personnel qui connait un métier que vous ne connaissez que peu ou pas » ; « Est-ce qu‘on va réussir à atteindre un certain niveau d'activité qui va permettre de sortir un chiffre d'affaires ? On sait combien on a mis sur la table, on ne sait pas du tout la vitesse de retour sur investissement… » ;  « Je me demandais si les clients allaient me suivre…Est-ce que j’allais réussir à développer l’affaire ? ».

Reprise d’entreprise : un bon taux de survie à 5 ans

Enfin, quelques illustrations des sentiments des repreneurs avec du recul : « On se rappelle que les journées ont 24h et les années 365 jours. C'est une charge de travail énorme. Il ne faut surtout pas croire que parce qu'on est chef d'entreprise, ça va être la belle vie, pas dans ce genre de structure. » ; « La 1ère année, c’était du travail à perte. Rien à voir avec le business plan, je vais faire le CA projeté la 3ème année. » ;  « Je travaille pour moi, que j’ai la possibilité de pouvoir diriger une équipe et que c’est enrichissant. La réelle satisfaction, je la ressens maintenant quand je vois que le magasin progresse » ;  « On a fait une augmentation de + de 40% en 2 ans de temps… ». Des opinions certes très diverses. Rappelons tout de même, qu’à 5 ans, le taux de survie des entreprises reprise est de l’ordre de 75 %. Ce qui est encourageant.
Cette étude a aussi été l’occasion pour l’Acfci de revenir sur certaines données chiffrées. Selon les chiffres de l’Insee, 89 % des entreprises reprise compteraient moins de 5 salariés. Les entreprises de plus de 10 salariés représenteraient 3 % de l’ensemble des reprises estimées à 60 000 par an. Pas moins de 36 % des opérations de reprise concernent le secteur de l’hôtellerie et de la restauration et 31 % des reprises sont des rachats de commerce. Le secteur des services à la personne et celui de la construction représente respectivement 8 et 7 % des opérations.  Notons que ces chiffres sont à prendre avec prudence, aucun travail statistique précis à l’échelon national n’étant mené par l’Insee.