L’accompagnement des entrepreneurs devient une préoccupation du gouvernement

1 février 2013

Isabelle Marie

L’accompagnement des créateurs et des repreneurs d’entreprise semble être un sujet en vogue en ce début d’année. On ne va certes pas s’en plaindre eu égard aux bénéfices certains qu’en retirent les chefs d’entreprise qui sont passés par une structure d’accompagnement.
Lors d’une conférence de presse, en prélude au 20ème salon des entrepreneurs de Paris (les 6 et 7 février), notre ministre déléguée en charge des PME a estimé que « pour augmenter la proportion de nouvelles entreprises de croissance dans la création d’entreprise, notre pays doit être en mesure de mieux repérer les potentiels et de mieux accompagner les entrepreneurs de croissance ». Fleur Pellerin s’est engagée à « rompre la solitude de l’entrepreneur ». Vaste programme.

Elle a rappelé que moins d’un porteur de projet sur 5 est accompagné avant l’acte même de la création ou de la reprise d’entreprise. « Ce qui est notoirement insuffisant », selon elle. Cette dernière estime que le porteur de projet est trop souvent seul et livré à lui-même. Si ce constat est juste, la pierre ne doit pas être jetée aux structures d’accompagnement qui font déjà beaucoup pour être visibles et connues des porteurs de projets. Mais ces derniers ne les sollicitent sans doute pas assez.

Une charte pour développer le mentorat entrepreneurial

Pourtant les chiffres sont éloquents. On estime généralement que seulement 52 % des entreprises non accompagnées lors de leur création ou de leur reprise sont toujours en activité après 5 ans contre 66 % pour celles qui ont bénéficié d’un accompagnement. La différence est nette. Selon la nature de l’accompagnement, les résultats diffèrent. Ainsi, les entrepreneurs qui ont été suivis par Réseau Entreprendre ont un taux de survie à 5 ans de 87 %.

Le président de ce réseau, David Pouyanne, a d’ailleurs été nommé chef de file du groupe de travail sur l’accompagnement, lors des prochaines Assises de l’Entrepreneuriat qui se tiendront au printemps à l’initiative du ministère chargé des PME. Ces Assises ont notamment pour objectif la mise en place d’un programme d’action visant à doubler le nombre d’entreprises de croissance d’ici 5 ans.
Fleur Pellerin a également rappelé la signature le 24 janvier dernier de la charte nationale du mentorat entrepreneurial, visant à développer et encadrer cette pratique.