La transmission, au cœur des préoccupations des PME familiales

8 juin 2016

Isabelle Marie

""Bpifrance Le Lab vient de publier une étude d’envergure sur les PME et ETI familiales en analysant, notamment, leur vision de l’ouverture du capital. L’étude livre, dans un premier temps, quelques éléments chiffrés afin de mieux appréhender le phénomène. Selon les données de Bpifrance, parmi les 146 000 PME et ETI françaises, un tiers sont des entreprises familiales, soit près de 50 000. Mais comment définir une entreprise familiale par rapport à l’ensemble des entreprises ? Bpifrance a défini trois critères : d’une part, la famille est actionnaire de référence, d’autre part, la famille est présente dans le management ou occupe des fonctions opérationnelles et enfin, le dirigeant a une intention avérée de transmettre la société à un membre de la famille.

Les entreprises familiales sont plus résilientes

Bpifrance et ses partenaires dans la réalisation de cette étude (FBN, AFFO, VTM Conseil ainsi que EY) livrent les trois enseignements principaux de cette étude. Ils ont examiné 417 réponses de dirigeants d’entreprise familiale et ont mené des entretiens plus poussés avec 20 de ces derniers.

Le premier d’entre eux est que les entreprises familiales sont résilientes et affrontent plus facilement les crises. A titre d’exemple, il apparaît que les 200 entreprises familiales dont Bpifrance est actionnaire connaissent des taux de défaillance deux à trois fois plus faibles que les PME classiques.

Le deuxième enseignement de l’étude est que « les entreprises familiales sont des organisations ouvertes, agiles et innovantes ». Innovantes, car elles peuvent soutenir des projets dans la durée ce qui est une condition nécessaire à la réussite de projets innovants. Agiles, car leurs circuits de décisions sont souples et les prises de décision rapides. Organisations ouvertes, car elles savent utiliser leurs connexions dans et en dehors de la famille.

41 % des entreprises du panel ont déjà ouvert leur capital

« Troisième enseignement de l’étude : la question de l’ouverture du capital est un sujet important, qu’elles envisagent de traiter à leurs conditions, à court ou moyen terme, car elles l’identifient comme un facteur de durée », soulignent les auteurs de l’étude. Il ressort de cette dernière que 41 % des entreprises étudiées ont déjà ouvert leur capital et 9 % envisagent de le faire. « Les entreprises familiales apparaissent prêtes à s’ouvrir dès lors que cette ouverture se conjugue avec la vision patrimoniale et sociale du capital de l’entreprise », peut-on lire dans cette étude de Bpifrance Le Lab. Les trois premiers objectifs liés à l’ouverture du capital sont : permettre le développement de l’entreprise (croissance interne ou externe), attirer des talents ou intéresser les salariés à la croissance de l’entreprise et pour 17 %, mener à bien une opération de transmission d’entreprise.

Parmi les entreprises qui ont ouvert leur capital, 43 % ont opté pour un fonds d’investissement et 36 % l’ont ouvert à leurs collaborateurs. Pas moins de 80 % de ceux qui ont choisi d’ouvrir leur capital assurent que cette ouverture a permis la mise en place de nouvelles pratiques de gouvernance plus rigoureuses et plus professionnelles.

Pour les dirigeants interrogés, si l’investisseur doit comprendre et respecter les valeurs de la famille, il devra aussi apporter de l’expertise et s’engager sur le long terme « notamment pour relever les principaux défis : la transmission, la croissance et l’attraction de talents ».