La situation contrastée du secteur du BTP

27 février 2012

Isabelle Marie

""Les repreneurs potentiels qui s’intéressent à une entreprise du BTP scrutent de près le climat économique du secteur. La deuxième édition du baromètre de KPMG sur les entreprises du BTP, publié le 27 février, leur apportera quelques éléments de réflexion.
Il apparaît qu’en février 2012, la trésorerie des TPE de ce secteur est plus favorable qu’en septembre de l’année passée. 45 % des chefs d’entreprise interrogés assurent que leur trésorerie est à l’équilibre ( + 5 % par rapport à septembre 2011) et 43 % qu’elle est bénéficiaire. Les entreprises spécialisées dans le gros œuvre ressentent davantage de difficultés : 16 % déclarent avoir une trésorerie déficitaire.
« De plus, les patrons du BTP sont plus nombreux qu’il y a six mois à entrevoir une détérioration de leur situation de trésorerie au prochain semestre (25 %, +4 points), et ce de façon plus marquée parmi ceux qui se trouvent déjà en déficit (30 %), dans le secteur aménagements et finitions (31 %) et dans les entreprises de 6 à 9 salariés (35 %). Ils sont néanmoins une majorité à considérer que leur trésorerie va rester stable (57 %, -2 points). Notons que 18 % seulement anticipent une amélioration de leur trésorerie ; cette vision positive étant plus fortement partagée dans les secteurs du gros œuvre (24 %) et de l’ingénierie et architecture (26 %) », soulignent les experts de KPMG.
Par rapport à la dernière étude remontant au mois de septembre dernier, les prévisions en termes de création de poste n’ont pas variées sensiblement. Seulement 12 % des dirigeants interrogés déclarent avoir l’intention de recruter dans les six mois à venir. Soulignons que cette proportion est plus forte en région parisienne (16 %) et dans les structures de 20 à
49 salariés (22 %).
Signe encourageant, pas moins des deux tiers des entreprises de 1 à 49 salariés interrogées estiment que leurs prix de vente demeureront stables pour le semestre en cours. Toutefois, 16 % des dirigeants envisagent de baisser leurs prix de vente, soit 4 % de plus qu’en septembre 2011.

Quid du secteur industriel pour les repreneurs ?

Autre étude conjoncturelle pouvant intéresser les repreneurs et l’ensemble des porteurs de projet : celle de l’Insee sur le climat des affaires dans l’industrie de février. Il apparaît que l’indicateur synthétique du climat des affaires  demeure à son niveau de janvier, soit un niveau nettement inférieur à sa moyenne sur longue période. Les entrepreneurs de l’industrie manufacturière estiment que leur activité passée a ralenti. Les stocks de produits finis restent stables, à un niveau légèrement supérieur à leur moyenne de longue période. Les carnets de commandes globaux cessent de se dégrader mais demeurent peu étoffés et les carnets de commandes étrangers continuent de se dégarnir nettement,  constate l’Insee.
Les perspectives générales, résultant de l’opinion des industriels, demeurent donc bien en deçà de la moyenne de long terme. Mais la situation diffère selon les branches. Ainsi, dans les industries de l’agroalimentaire, l’activité sur les derniers mois est jugée en ralentissement. De même, dans le secteur des équipements électriques, électroniques et informatiques ; la tendance est perçue comme peu dynamique avec des carnets de commande qui se dégarnissent et qui apparaissent peu étoffés. La situation est la même dans l’automobile. A l’inverse, « dans la branche des autres matériels de transport, l’activité passée est jugée encore très dynamique. Les stocks de produits finis restent à un niveau jugé faible. Les carnets de commandes globaux progressent légèrement et sont jugés étoffés », note l’Insee.