Du mieux sur le front des défaillances d’entreprises

11 juillet 2014

Isabelle Marie

Selon Altares – D&B, la France connaît enfin une sensible amélioration sur le front des défaillances d’entreprises. Au global, sur le 2ème trimestre 2014, la baisse est de 4,1 %. Ces défaillances ont concerné 14 386 entreprises. Sur ce total, 9 812 entreprises ont fait l’objet d’une liquidation judiciaire directe et 4 211 ont été placées en redressement judiciaire. Enfin, 363 ont fait l’objet d’une procédure de sauvegarde.

Il apparaît, sur ce deuxième trimestre 2014, que le niveau de la baisse des faillites est très clairement corollé à la taille de l’entreprise. Le recul atteint, en effet, 30 % pour les sociétés de plus de 50 salariés, près de 20 % pour celle de 20 à 50 salariés, 10 % pour les entreprises de 6 à 19 salariés et environ 5 % pour les TPE de 3 à 5 salariés.

« Les PME semblent à leur tour  pouvoir bénéficier de la reprise qui avait jusqu’alors davantage profité aux grands acteurs, souligne Thierry Million, responsable des études chez Altares – D&B. Pour les TPE les plus petites, l’heure de la reprise n’a pas encore sonné. Lorsqu’elles n’emploient aucun salarié, ces TPE parviennent à résister. Mais lorsqu’elles ont un ou deux salaires à verser chaque mois, l’absence de trésorerie est alors insurmontable pour beaucoup ». Ce dernier précise que parmi ces entreprises employant un ou deux salariés, lors du deuxième trimestre 2014, près de 5 200 se trouvaient en situation de cessation de paiement, soit 19 % de plus qu’au deuxième trimestre 2013.

Les TPE sont, proportionnellement, plus liquidées

Selon les secteurs d’activité, la situation des TPE est  pour le moins hétérogène. Ainsi, la sinistralité de ces petites entreprises a progressé de 23 % dans la restauration et même de 68 % dans le sous-secteur des débits de boissons. Pour les seules TPE de un ou deux salariés, la hausse est de 29 % dans le commerce de détail et de 10 % dans le second œuvre du bâtiment. Plus globalement, l’ensemble des TPE des secteurs construction et commerce résistent avec une baisse de 3 % des procédures. Ce recul, encourageant, atteint 7 % pour les services aux entreprises, 11 % dans l’industrie manufacturière et 15 % dans le transport routier de marchandise.

« La vulnérabilité des TPE est également plus définitive en terme de solution judiciaire. En effet, plus de sept TPE sur 10 en cessation de paiement sont immédiatement liquidées par le tribunal, contre moins d’une sur trois lorsque la société emploie au moins 20 salariés. La volonté de prévenir la difficulté de l’entreprise se heurte à une froide réalité économique qui compromet très vite un équilibre financier souvent fragile », poursuit Thierry Millon.