Défaillances d’entreprises : un très léger repli prévu pour 2011

23 mars 2011

Isabelle Marie

""Nombreux sont les repreneurs intéressés par le rachat d’une entreprise en difficulté. Ces derniers choisissent souvent cette voie, périlleuse, en raison d’un niveau de fonds propre insuffisant pour acquérir une cible saine. Cette année encore, ils auront le choix du fait d’un nombre encore élevé de défaillances. Il s’agit de la dernière prévision d’Euler Hermes. L’assureur-crédit prévoit environ 61 500 défaillances pour l’ensemble de cette année 2011. Cette faible baisse prévue du nombre de faillites par rapport à 2010 s’explique par différents facteurs dont le rythme très modérée de la reprise économique, l’évolution défavorable du prix des matières première et de l’énergie ou encore la fin de certaines des mesures de soutien gouvernementales.

« Dans ce contexte, la baisse des défaillances attendue grâce au rétablissement graduel des volumes d’activité pourrait rester limitée et s’inscrire à -3 % en 2011. Pour 2011, cinq filières nous paraissent particulièrement sensibles au choc des matières premières : la filière cuivre avec notamment toutes les industries électriques, la filière métallurgie, les industries dérivées du pétrole, la sous-traitance automobile et enfin le BTP, qui doit faire face à des marches signés dans des conditions de prix bas, avec des prix fermes et non révisables pour les entreprises en aval », estime Ludovic Sénécaut, président du Directoire d’Euler Hermes.

En 2010, le nombre de défaillance d’entreprise a enregistré une légère baisse pour s’établir à 63 422, soit un repli de 1,7 % par rapport à l’année précédente. La reprise progressive de l’économie française, les capacités d’ajustement et de résistance des entreprises ainsi que la normalisation des conditions de financement et les mesures de soutien qui sont en partie restées en vigueur sont les principales explications avancées par Euler Hermes.

Selon la taille des entreprises, le reflux du nombre de défaillance s’est avéré très différent. Il a été net pour les entreprises employant de 50 à 200 salariés (-22%), ainsi que pour les entreprises réalisant plus de 2 millions d’euros de chiffres d’affaires (-10,4%). A l’inverse, pour les TPE employant moins de 5 salariés, le recul du nombre de défaillances n’a été que de 1,2 %.

Les secteurs du transport, des activités liées à la santé et à l’éducation s’en sortent moins bien que d’autres. A titre d’exemple, le secteur des services aux particuliers a enregistré une hausse de 34 % du nombre des défaillances sur le second semestre 2010 par rapport aux six mois précédents. « La baisse des défaillances d’entreprises est visible dans une majorité de régions mais le total est historiquement élevé : le bilan 2010 demeure le troisième plus sinistré de notre série, tout proche des points hauts de 1993 et de 2009 », analyse Ludovic Sénécaut.

Côté croissance, Euler Hermes prévoit une faible hausse du PIB de 1,4 % pour cette année et de 1,7 pour 2010. « Cependant, début 2011, les chocs négatifs s’accumulent et mettent en danger la poursuite sur le rythme de croissance envisagé », estiment les analystes de l’assureur-crédit.