Des patrons de TPE de plus en plus inquiets

21 mai 2014

Isabelle Marie

La confiance est une donnée fondamentale pour la bonne marche des affaires, et en particulier dans le domaine de la cession et de la transmission des entreprises. Il apparaît que les patrons de TPE sont, aujourd’hui, loin de baigner dans un climat de sérénité et de confiance.

En effet, selon les résultats de la 54ème édition du Baromètre des TPE, établi par l’Ifop pour le compte de Fiducial, pas moins de 79 % des dirigeants de TPE se déclarent pessimiste à l’égard du climat général des affaires en France, soit une progression de un point par rapport à la précédente édition de ce baromètre.

Donnée encore plus significative, l’inquiétude des patrons grandit concernant leur propre activité. Sur ce sujet, ils sont 61 % à se montrer pessimiste, soit une notable augmentation de 8 points. Ils ne sont donc que 39 % à s’estimer optimiste quant à l’avenir proche de leurs affaires. Jamais le plancher des 40 % d’optimistes n’avait encore été franchi depuis la création du Baromètre des TPE.

« En matière d’emplois, le début 2014 s’inscrit dans la continuité des 18 mois précédents, à savoir que les suppressions de postes dépassent encore une fois les créations », soulignent les auteurs du Baromètre. Il s’agit, bien entendu, d’une conséquence directe d’un tassement de l’activité. En effet, pratiquement la moitié des TPE ont subi une baisse de leurs ventes sur le premier trimestre de l’année en cours, et souvent dans des proportions supérieures à 10 %. Un quart d’entre elle sont parvenues à stabiliser leur chiffre d’affaires alors que seul le dernier quart a réussi à faire progresser son activité.

La lourdeur des charges sociales et fiscales

Ce climat de défiance explique que 58 % des patrons de TPE interrogés ont l’intention de sanctionner la politique de François Hollande lors des élections européennes, à comparer aux 27 % qui souhaitaient sanctionner Nicolas Sarkozy pour le même scrutin en 2009.
Elections européennes oblige, les dirigeants de TPE ont été interrogés sur le fait de savoir si l’appartenance à l’Union européenne est un atout incontestable pour notre économie. Certes, 39 % d’entre eux sont en accord avec cette proposition mais ils sont tout de même 36 % à penser le contraire. Selon le baromètre, l’Europe est avant tout vécue comme un handicap en matière d’emploi (pour 61 % des patrons), dans le domaine de la fiscalité (61 %) et en matière de réglementation administrative (63 %). La monnaie unique n’est perçue comme un atout que par 21 % des patrons. Notons, qu’ils étaient 70 % à le penser en 2007.

Enfin, soulignons que plus d’un tiers des dirigeants de TPE interrogés (36 %) pensent que l’économie française a décroché par rapport à ses concurrentes. Un décrochage qu’ils attribuent à 80 % au poids des charges fiscales et sociales.