De plus en plus de reprises en scop

11 juin 2014

Isabelle Marie

La reprise de leur entreprise par les salariés, ou du moins une partie des collaborateurs, est aujourd’hui entrée dans le paysage de la cession/transmission d’entreprise. Le rachat de leur outil de travail par les salariés est souvent considéré comme une solution pérenne. En effet, ces derniers connaissent bien évidemment leur marché et clients et fournisseurs restent généralement fidèles. Le taux de survie des scop est de 77 % à trois ans contre 65 % pour l’ensemble des entreprises françaises. A cinq ans, ce taux atteint 63 % pour les scop contre 50 % pour toutes les entreprises.

Pour l’année passée, la Confédération générale des Scop (Sociétés coopératives et participatives) fait état de 263 scops créées, donc autant d’entreprises reprises, à comparer au total de 248 en 2012. « L’effet de la crise a par ailleurs entraîné le doublement du nombre de reprises d’entreprises en difficulté par rapport à 2012, soit 27 entreprises reprises en 2013 », souligne Patrick Lenancker, président de la Confédération Générale des Scop. Avec un solde net de création d’emplois de 1 859 en 2013, soit une progression de 16 % par rapport à l’année précédente, le réseau des scop compte aujourd’hui  45 700 salariés.

Les scops sont majoritairement de petites structures. En effet, 64 % d’entre elles sont des entreprises de moins de 9 salariés. Les PME de 10 à 49 salariés représentent 27 % du total.

Vers une scop d'amorçage

« Le projet de loi sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) vise à encourager de telles initiatives. En aidant les salariés dans le cadre des cessions ou des transmissions d’entreprises, et en renforçant l’assise juridique des SCOP, il constitue-là un cadre robuste pour favoriser le développement de ce mode alternatif d’entreprendre. La SCOP d’amorçage va ainsi permettre aux salariés de pouvoir reprendre leur entreprise plus facilement, sans disposer au départ de la majorité du capital tout en étant majoritaire en voix, et avoir un délai de 7 ans pour réunir les capitaux nécessaires à l’obtention de la majorité », souligne dans un communiqué Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie.

Bercy précise que le projet de loi sur l’ESS prévoit aussi le renforcement des dispositifs existants, telles l’ouverture du capital des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) aux collectivités locales jusqu’à 50% de leur capital social, ou encore la possibilité pour les SCIC d’accueillir des emplois d’avenir.

Ce texte sera examiné en seconde lecture à l’Assemblée nationale, en Commission des affaires économiques les 17 et 18 juin, et en séance publique le 3 juillet prochain.