Anne Guérin

1 mars 2011

Isabelle Marie

""En Ile-de-France, comment s’est comporté le marché de la transmission du point de vue d’Oséo ?
Au niveau régional, nous avons constaté une légère hausse en 2010 du nombre d’opération de transmission mais par rapport à une année 2009 elle-même en baisse. Il est vrai que le marché s’est tout de même détendu mais l’activité la plus dynamique demeure la création.
Le marché de la transmission repart de façon assez logique avec des bilans 2010 des entreprises qui sont meilleurs que ceux de l’année précédente. De plus, il existe un gisement potentiel de transmission très important du fait de l’âge des dirigeants. Sur ce plan, nous avons de belles années devant nous.

Quels sont vos critères pour accompagner ou non un repreneur ?
Notre approche de la transmission est une approche de bon sens. Il s’agit avant tout de l’adéquation du profil du repreneur avec la cible. Est-il crédible dans sa démarche ? Selon les secteurs, il est crucial de bien connaître l’activité. Nous analysons bien sûr la cible et la régularité de ses résultats, la diversification de son portefeuille client et sa transmissibilité.
Nous allons examiner si le niveau de dette est supportable par l’entreprise afin qu’elle conserve des marges de manœuvre suffisantes. On considère que l’on ne doit pas partir sur un montage dans lequel l’entreprise doit distribuer plus de 80 % de ses résultats, même dans les services. Dans l’industrie, il faut être bien en dessous de ce ratio. Le repreneur doit bien faire attention à ne pas sous-financer son opération car il doit bien souvent faire face à différents aléas. Il faut éviter qu’au moindre incident le remboursement de la dette ne pose problème. Il faut également prévoir des marges de manœuvre sur le plan de la trésorerie. Par ailleurs, nous recommandons de négocier les autorisations bancaires au moment de la reprise et pas après. Les banquiers aiment bien les entrepreneurs qui anticipent. En fonction de l’ampleur de l’opération, nous sommes amenés à rencontrer le repreneur. Nous utilisons l’étude de la banque et les éléments complémentaires que l’on demande au repreneur.

Quelles sont les spécificités de votre Contrat Développement Financement ?
Nous intervenons également en financement avec notre Contrat Développement Transmission qui est un crédit d’une durée de 5 à 7 ans avec un différé qui peut aller jusqu’à 2 ans. Ce différé donne des marges de manœuvre au dirigeant qui reprend. Ce crédit est sans garantie ni sur le chef d’entreprise, ni sur l’entreprise. Du fait de ces caractéristiques, le taux est un peu plus élevé que celui du marché bancaire. Son montant peut s’élever jusqu’à 400 000 euros. Ce Contrat Développement Transmission trouve tout son sens pour des opérations entre 500 000 et 1,5 million d’euros de dettes. Il apporte vraiment de la souplesse au montage financier.

Quant à la valorisation, quel conseil donneriez-vous au repreneur ?
En termes de valorisation, le premier conseil que je donne au repreneur est de ne pas acheter son travail. C’est-à-dire que l’on n’achète pas un potentiel. Il achète une entreprise avec des résultats passée. Mais les résultats futurs, c’est lui qui va les faire, il ne faut donc pas qu’il les paye.