50 % des patrons de PME se disent inquiets pour leur activité

12 février 2014

Isabelle Marie

Les dirigeants de PME sont inquiets. Si ce n’est ni un scoop, ni une surprise, c’est le niveau de cette inquiétude qui constitue en soi une information. Selon le dernier Baromètre de KPMG et de la CGPME sur le financement et l’accès au crédit des PME, 90 % des dirigeants se déclarent « inquiets » (dont 30 % « très inquiets ») quant au contexte économique. En janvier 2014, ils sont 60 % à se dire « inquiets » pour leur propre activité, soit 7 points de plus qu’en septembre 2013.

Parmi les principales difficultés rencontrées, la baisse du chiffre d’affaires et la hausse du coût des fournisseurs arrivent en tête pour près de la moitié des chefs d’entreprise interrogés. Les problématiques liées à la trésorerie ou au financement atteignent, pour ce dernier Baromètre, un niveau record à 36 %.

Un peu plus des deux tiers des dirigeants assurent avoir au moins un besoin de financement. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux à restreindre leurs investissements et leurs demandes de crédits auprès des banques : ils sont 37 % dans ce cas de figure. Pas de moins de 77 % des chefs d’entreprise interrogés expliquent être confrontés à au moins une mesure de durcissement de la part de leur banque, soit 10 points de plus par rapport à mars 2013. Au premier rang de ces difficultés : les frais de crédits et l’octroi de montants plus faibles que ceux souhaités pour 50 % des dirigeants, soit une hausse de 9 points en six mois ; 41 % des répondants assurent que des garanties supplémentaires leur sont demandées ; 29 % doivent faire face à des réductions de facilités de trésorerie.

En conséquence, la moitié des patrons de PME interrogés envisage d’examiner les conditions d’autres banques concurrentes.
Les dirigeants de PME rencontrent donc de plus en plus de difficultés dans leurs relations avec leur banquier alors que leurs besoins en financement d’investissement ont progressé de 5 points depuis septembre 2013 : ils sont 42 % à exprimer ce type de besoin. Les besoins de crédit pour financer le remplacement ou l’entretien des matériels, locaux ou équipements arrivent en première position. 
Enfin, soulignons que l’obligation pour les entreprises de proposer un minimum de 24 heures hebdomadaires aux salariés à temps partiel, à compter du 1er juillet 2014, pourrait impacter négativement l’emploi. En effet, 36 % des dirigeants interrogés estiment que cette mesure pourrait les faire renoncer à une ou plusieurs embauches.