29 % des dirigeants de PME impactés par les nouvelles règles sur les plus-values de cession

25 novembre 2013

Isabelle Marie

Fiducial vient de publier son baromètre trimestriel de conjoncture des PME. Il n’est guère réjouissant. Premier constat : il est patent que les dirigeants de PME ne semblent pas compter sur le gouvernement pour les extirper de leurs difficultés dues à la crise. En effet, seuls 13 % des chefs d’entreprise interrogés ont une « confiance globale dans le gouvernement ». Il s’agit du taux le plus bas depuis 2002. A titre d’exemple, 90 % des dirigeants, de PME et de TPE, estiment que les mesures fiscales prises par l’actuel gouvernement à destination des entreprises sont inadaptées au contexte économique actuel. « La modification du taux et du délai de détention pour bénéficier de l’abattement sur les plus-values de cession de valeurs mobilières et de droit sociaux impactera le montant de l’impôt de 29 % des répondants », notent les auteurs de l’étude.

77 % d’entre eux ont constaté une hausse de la fiscalité pour leur entreprise en 2013. En réaction à cette pression fiscale, pas de moins de 72 % des dirigeants disent avoir renoncé à leurs investissements, ou du moins les avoir réduit. La moitié d’entre eux assure avoir renoncé à une ou plusieurs embauches et avoir réduit leurs coûts de production. Toujours au chapitre fiscal, ce sont les hausses de TVA qui constituent la mesure la plus problématique. En effet, 81 % des patrons interrogés anticipent des conséquences négatives du passage du taux normal à 20 % et du taux intermédiaire à 10 %. Au final, ce sont également 81 % des dirigeants qui considèrent que la fiscalité de la France est moins favorable que celle de ses voisins de la zone euro.

Conjoncture : 82 % des dirigeants pessimistes

Selon les réponses de leurs dirigeants, les PME sont confrontées à un nouveau recul de leurs ventes trimestrielles, de 0,4 %, et ce après huit trimestres consécutifs de baisse. Ils anticipent pour l’ensemble de l’année 2013 une récession de 2 % en moyenne. Cette récession pourrait atteindre 3,6 % dans l’hôtellerie et le commerce et 3,7 % dans l’industrie et les services aux particuliers.
Fort logiquement, ce recul de l’activité accroît les difficultés financières des entreprises, et en particulier des plus petites d’entre elles. Pas moins de 34 % des TPE disent se trouver dans une situation préoccupante sur ce plan, soit une évolution de 4 points sur le trimestre précédent. Plus précisément, soulignons que 25 % des entreprises enregistre un déficit, 46 % se trouvent aujourd’hui à l’équilibre et, seulement, 29 % sont bénéficiaires.

Sans surprise, l’optimisme n’est guère de mise. 29 % des dirigeants prévoient une dégradation de leur niveau de trésorerie, soit une hausse de 5 % par rapport au trimestre précédent, et seulement 24 % misent sur une hausse.

Il est notable que le constat d’un durcissement des conditions d’accès au crédit grimpe de 6 points pour atteindre 18 %. Parmi ceux qui fait une demande de prêt depuis trois mois, pas moins de 65 % des patrons interrogés disent avoir « subi au moins une mesure de durcissement ». Ce niveau est le plus important observé depuis janvier 2011. Notons que 32 % des dirigeants de TPE ou PME se sont vu refuser un crédit, soit une progression de 7 %. Enfin, 15 % n’ont obtenu qu’une partie du financement demandé.

Au final, et en prenant en considération le contexte politique, social et économique actuel, 82 % des dirigeants interrogés se déclarent pessimiste, soit le même niveau que sur les deux premiers trimestres de l’année. Un niveau jusqu’alors jamais atteint.