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REVUE DE PRESSE


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Reprise d'entreprise : une aventure à risque.
Le Point, 17/01/2008


Vous rêvez de devenir patron mais vous n’avez pas d’idée géniale vous permettant de créer votre société ?
La reprise d’entreprise est peut-être faite pour vous si vous parvenez à surmonter différents obstacles.


Conséquence du baby-boom, toute une génération de patrons de PME s’apprête à partir à la retraite. Selon les statistiques, 900 000 entreprises devraient ainsi être cédées dans les quinze prochaines années. Le marché semble donc porteur. Mais il a ses particularités...

L’aventure est alléchante. Elle permet en effet d’échapper aux incertitudes du marché du travail. Le taux d’échecs est 10 points plus faible que celui des créations d’entreprise. Le changement de vie, enfin, est garanti.

Mais le parcours est parsemé d’embûches ! La plupart des belles PME sont en effet rachetées par une autre personne morale, concurrente ou de plus grande taille. Restent des affaires de plus petite envergure, souvent moins gratifiantes, qui nécessitent de mettre du coeur à l’ouvrage ! Le nouveau patron peut alors se retrouver bien seul. A l’opposé du travail dans un grand groupe, ici, pas ou peu d’intermédiaires. Il lui faut prendre les problèmes à bras-le-corps. Impossible en effet de s’en tenir à sa spécialité : le jeune patron devra acquérir très rapidement des compétences comptables, commerciales, voire techniques minimales.

« C’est un marché caché, immature et irrationnel, explique Gilles Lecointre, président du groupe Intercessio, qui conseille les opérations de transmission, et auteur d’un ouvrage sur le sujet (1). Il faut beaucoup de courage et de volonté au repreneur, car les données ne sont pas toujours fiables. La confiance est mise à rude épreuve. » Un organisme comme Oséo ( lire ci-dessous ) est à cet égard un précieux appui pour les repreneurs potentiels, mais, de façon plus générale, le marché de la transmission d’entreprise manque de structures.

L’opération de cession d’une entreprise à un tiers est en effet une opération particulièrement délicate. Comment fixer le « juste prix » ? Deux logiques se heurtent. Le repreneur ne veut pas payer trop cher, surtout s’il conserve des doutes sur la santé réelle de l’entreprise. Pour le cédant, le prix espéré se fonde parfois plus sur une valeur sentimentale ou sur l’investissement personnel que sur des données objectives. Arbitrées par les banques, les discussions peuvent durer jusqu’à dix-huit mois. Des délais en constante augmentation ! Aurore GORIUS

1. « La transmission d’entreprise en pratique », de Gilles Lecointre (Gualino éditeur, 416 p., 36,10 E).

Jean-Marc Sassier, PDG de Setam-Carabin et Simop

Il a fallu deux échecs à Jean-Marc Sassier pour connaître le succès. Ce directeur général et président de filiales dans un grand groupe nourrissait depuis longtemps le désir de mener à bien un projet personnel. Il s'est donc dirigé vers la reprise d'une entreprise, mais sans savoir vraiment à qui s'adresser. « Quand on veut acheter ou vendre une maison, on passe par une agence immobilière. Pour une entreprise, il n'y a aucun équivalent », remarque-t-il. Après prospection, ses deux premières tentatives de rachat échouent. La première fois, le cédant avait trop précipité la mise en vente et il s'est rétracté. La deuxième fois, le capital-risqueur lui a fait faux bond. Mais, début 2007, le succès est enfin au rendez-vous : il acquiert Setam-Carabin et Simop, deux entreprises spécialisées dans la mécanique de haute précision pour le secteur aéronautique, situées à Roissy.

Pour en arriver là, Jean-Marc Sassier a ciblé ses recherches en fonction de ses compétences. « Grâce à mon parcours professionnel, j'avais acquis un savoir-faire sérieux dans les produits techniques et le développement , explique cet ancien ingénieur, également diplômé de gestion. J'étais donc crédible sur ces deux créneaux. Pour le reste, un repreneur ne peut être expert en tout. Sa tâche consiste à comprendre comment ça marche. C'est là que j'ai eu besoin d'aide. » Il trouve un accompagnement précieux auprès d'Oséo, qui lui fournit conseils et garanties financières, mais aussi auprès d'anciens dirigeants d'entreprises bénévoles regroupés au sein du réseau Apere. Une fois la cible fixée vient l'étape du business plan. « Quand la stratégie est définie, il faut s'y tenir et la défendre . Trouver des prêteurs nécessite d'être convaincant et précis, d'être chef d'entreprise dès le début », insiste-t-il. Heureux de son acquisition, il note toutefois l'avoir trouvée « par relations, c'est-à-dire un peu par hasard ». « Par peur de l'échec, par solitude ou par manque d'opportunités, beaucoup ne vont pas au bout de leur projet », observe-t-il. A l'affût de l'affaire de ses rêves, tout en continuant à travailler, Jean-Marc Sassier aura mis dix ans pour parvenir à ses fins . Aurore GORIUS

Interview Dominique Caignart Directeur du réseau Oséo pour l'Ile-de-France

Le Point : Comment prépare-t-on une cession d'entreprise ?

Dominique caignart : Les trois dernières années d'activité avant la transmission sont cruciales. Il existe en effet trois risques majeurs. Le risque d'un patron hégémonique, sans qui l'entreprise ne peut plus tourner. Trop de dépendance à un seul homme empêche une cession saine. Ensuite, certaines entreprises ont tendance à sous-investir dans les dernières années pour améliorer leur rentabilité, ce qui fragilise l'activité lors de la reprise. Enfin, certaines se laissent aller, prospectent moins de clients, ne renouvellent pas leurs produits. Tous ces travers sont à éviter pour rendre la transmission réalisable.

Quelles sont les erreurs à éviter du côté du repreneur ?

Le coup de coeur peut devenir un piège ! Une reprise engendre toujours une période de fragilité pour l'entreprise. Il faut donc trouver celle qui aura la bonne dimension en fonction de ses moyens. Et se lancer dans une affaire qui fait appel à des compétences maîtrisées par le repreneur. Attention aussi à ne pas avancer seul. Plus on s'entoure, plus on se libère pour déterminer la cible, analyser le positionnement de l'entreprise, établir le business plan. Le marché de la reprise se développe et fait grimper les prix, il faut donc veiller à racheter une affaire à sa juste valeur, en consultant notamment les banques. Ne pas oublier enfin que le passage de salarié à chef d'entreprise implique l'environnement familial.

Quel rôle joue Oséo dans l'accompagnement des entrepreneurs ?

Nous facilitons la transmission. Les dossiers d'entreprises prêtes à être cédées qui nous sont soumis sont passés au crible. Nous conseillons le cédant et le repreneur. Oséo dispose de produits financiers spécifiques. Notamment un contrat de développement avec un différé d'amortissement sur deux ans, qui peut compléter un prêt. Nous jouons le rôle de garantie auprès des banques et nous sommes réassureurs à hauteur de 50 à 70 % des prêts bancaires Propos recueillis par Aurore GORIUS



Aurore GORIUS