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Reprendre une affaire CREATION D'ENTREPRISE MAGAZINE, 01/04/2005
Reprendre une affaire est peut-être synonyme de bonne affaire. Après tout, toutes les démarches dues à la création d'une société sont évitées, le personnel est en place, les bilans détaillés peuvent être analysés et donner lieu à des pistes pour l'avenir... Oui, cette option vaut la peine d'être étudiée, d'autant que chaque année en France, plus de 50 000 entreprises, tous secteurs confondus, changent de mains.
Le profil type du repreneur
Pas de grande surprise quant aux chiffres qui respectent une logique basée sur les réalités financières :
- Plus de la moitié des repreneurs ont une expérience d'ouvrier ou employé/technicien, 16% étaient cadres et 19% déjà chefs d'entreprise.
- Ces derniers rachètent plutôt des sociétés moyennes (dans 50% des cas, +10 salariés), alors que les anciens demandeurs d'emploi sont intéressés par les entreprises de moins de 3 salariés (38% des cas).
- Enfin, un tiers des reprises est constitué via un rachat par les salariés.
- 80% des reprises portent sur des fonds de commerce.
Les qualités requises
Sans être un mouton à cinq pattes, le repreneur d'entreprise doit réunir nombre de qualités. Petite énumération non exhaustive :
• Savez-vous manager ?
Oui, cela ne s'invente pas car une bonne prise de contact avec les salariés de votre future société est primordiale. Ceux-ci vont forcément s'inquiéter de l'arrivée d'un nouveau venu et craindre des changements difficiles, voire des licenciements.
• Disposez-vous d'assez d'argent ?
Si vous ne travaillez plus pendant la phase de recherche de la société, prévoyez de pouvoir vivre en moyenne 18 mois avant de concrétiser. Ensuite, vous aurez probablement besoin d'un prêt à moyen terme et la banque ne s'engagera souvent qu'à hauteur de votre engagement personnel. Sauf sur les micro entreprises, au delà de 20 salariés, le minimum d'apport personnel se situe au delà des 100 000 euros.
• Gestionnaire ?
Les fonctions de l'entreprise sont diverses et si vous n'êtes pas déjà généraliste, prévoyez de vous former dans les domaines où vous ressentez des lacunes. Même bien entouré, il vous faudra maîtriser le sujet pour en discuter et décider, qu'il s'agisse de finances de personnel, de technique, marketing, droit, etc. L'ancien propriétaire peut parfois vous aider en fonction des circonstances de la reprise. Là encore, il faut savoir s'entourer, inutile de rédiger un protocole d'accord si vous n'êtes pas féru en droit.
• Votre organisation est-elle prévue ?
Car la reprise d'une société représente un job à plein temps. Finies les vacances, les RTT, la sécurité doudoune de votre autre vie. Votre projet demande un investissement temps à 100%. Il faut déjà avoir prévu d'être parfaitement disponible.
L'intérêt d'une reprise
Le premier intérêt, non financier celui-là, est d'assouvir une envie d'entreprendre qui vous tenaillait peut-être depuis déjà longtemps. Même si l'aventure n'est pas gagnée d'avance et si votre emploi du temps est ridiculement chargé, vous allez enfin pouvoir réaliser un projet qui vous tient à coeur, dont vous êtes le principal acteur et qui vous épanouira.
Deuxième élément non négligeable : l'espérance de vie d'une reprise est plus élevé que celui d'une création (plus de 80% des entreprises reprises sont encore en activité cinq ans après).
Troisième point essentiel : le gain de temps. Vous disposez déjà d'un personnel détenant le savoir-faire, ou du matériel, des locaux, ainsi que d'un portefeuille client, d'un réseau de fournisseurs et de partenaires existants. Même si des remaniements sont à faire, ainsi que de nouveaux investissements, c'est la différence majeure par rapport à la création.
Où trouver l'entreprise faite pour vous ?
Une fois votre projet bien clarifié, le secteur d'activité, l'investissement et la région étant définis, vous avez un éventail assez large de possibilités :
- Les CCI et Chambres de Métiers
La prestation reste inégale en fonction des régions, mais il est possible de disposer d'une gamme complète de prestations y compris de formation, de mise en contact soit gratuite soit à des coûts très réduits. Des journées sont également organisées. (www.entreprisealaporteedetous.fr)
- Les organismes patronaux régionaux Ils disposent généralement d'une cellule consacrée à la reprise d'entreprises. Celle-ci vous fait remplir un dossier afin de mieux cerner votre projet et peut vous aider quant à des données de marché. La mise en contact avec des entreprises à céder est ensuite possible.
- Les clubs de repreneurs
Le plus connu est le CRA (Cédants et Repreneurs d'Affaires, www.cra.asso.fr) présent au niveau national. Il existe aussi des clubs régionaux, mais la CCI pourra vous renseigner plus précisément au niveau local. Les grandes écoles disposent également de clubs de repreneurs ouverts aux anciens élèves.
- Les intermédiaires spécialisés
Plus de 600 cabinets de cessions acquisitions existent en France. Ils sont souvent spécialisés en fonction de la taille de la société à reprendre. Leur consultation a un coût qui peut être non significatif si c'est le cédant qui est facturé, soit un pourcentage sur le montant de la transaction, une fois celle-ci effectuée. Globalement, cette démarche fonctionne bien et vous facilite grandement la recherche en vous faisant gagner du temps.
- Les banques
Les banques ne sont pas véritablement organisées sur le sujet mais disposent par contre d'informations au niveau local. Il peut donc être intéressant de les contacter et de leur exposer votre projet.
- Les journaux d'annonces
Deux journaux existent : « Repreneur » et « Reprendre et Transmettre Magazine » qui vous demandent de vous abonner afin d'accéder à leurs fichiers. www.cession-commerce.com et www.reprise-transmission.com.
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