Après plusieurs expériences salariées dans le domaine de la fabrication et de la vente d’échantillons et monodoses, Romain Fillion, 35 ans, a racheté Sicofor en avril 2007. La société conçoit et fabrique des échantillons et monodoses.
Fin 2005, le jeune cadre commence à se poser la question de la création-reprise. D’autant plus volontiers qu’il avait déjà eu le temps d’aguerrir sa fibre entrepreneuriale : « Dès ma première année d’école de commerce, j’avais monté ma boîte avec mon père orthodontiste : nous commercialisions notamment des produits de collage pour les professionnels de son domaine d’activité… » Une « petite » affaire qui générait tout de même 650 k€ de CA ! Quant à la seconde expérience décisive dans le parcours de reprise de Romain Fillion, elle a lieu alors qu’il est salarié du fabricant d’échantillons et monodoses Socoplan : « L’un de nos concurrents avait tenté de se vendre à ma direction ; si bien qu’avec un collègue, nous avions accès au dossier et avions envisagé un moment de reprendre par nous-mêmes. » Le nom de la cible ? Sicofor, la société de Marboué, près de Chartres, à laquelle repense immédiatement Romain Fillion lorsqu’il quitte son dernier emploi salarié.
> Reprise
« Je me suis rapproché d’un ancien collègue devenu consultant en fusions-acquisitions pour qu’il teste anonymement le terrain auprès des cédants de Sicofor et vérifie que l’affaire était toujours en vente », raconte Romain Fillion. Après un premier contact satisfaisant, les premiers éléments concrets et chiffrés du dossier sont étudiés par le repreneur et son conseil dès le printemps 2006, alors qu’est programmée une visite de l’entreprise ; une réunion de négociation a ensuite lieu en juin et une lettre d’intention est signée en août. « Pour ce qui est du prix, nous avons indiqué une fourchette jugée acceptable par le cédant », précise Romain Fillion. Pas d’obstacle majeur au financement par la suite. Mais pour Romain Fillion, c’est après que les choses se gâtent. Lorsque les avocats des deux parties (dont l’oncle du repreneur) entament les discussions sur le plan juridique.
> Point de vue du repreneur
« Ma reprise a failli clasher deux ou trois fois à cause de la question de la garantie de passif, car c’est une étape essentielle qui conditionne la tranquillité postreprise, fait remarquer Romain Fillion. Les discussions se mènent à la virgule près, comme une discussion de marchands de tapis. La signature a pris du retard, les relations se sont tendues avec le cédant et ça a cassé quelque chose. Il avait l’impression que je ne lui faisais pas confiance. Mais, par la suite, j’ai dû ouvrir 18 dossiers en garantie de passif, pour un total de 120 k€ ! ce qui a donné lieu à un contentieux, actuellement en cours de règlement amiable… »
> L’entreprise cible
Créée en 1969, Sicofor (40 personnes, 4,4 M€ de CA) est installée dans la zone d’activité de Marboué, près de Chartres (Eure-et-Loir), depuis 1994. Sur 2700 m² couverts, elle conçoit et fabrique des échantillons et monodoses « vente ». Mais tandis qu’elle se consacrait à 80% à la fabrication de lingettes imprégnées (nettoyant lunettes, rince-doigts) et à 20% seulement aux échantillons et monodoses « vente » cosmétiques, son activité tend à s’inverser. Au point que les produits cosmétiques devraient bientôt représenter 95% du total. Sicofor compte plus d’une centaine de clients, dont Nuxe, Parfums Christian Dior, Pacific Création, Shiseido, Assanis, etc. L’entreprise est membre du pôle de compétitivité Cosmetic Valley.