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Stéphane Jacquemet, consultant en stratégie d'entreprise et fondateur de Noveria

« Il faut que les entrepreneurs augmentent leurs fonds propres »

Par Cyril ANDRÉ, Repreneur

Publié le mardi 10 juin 2008

Depuis quelques mois, les crédits aux entrepreneurs deviennent-ils vraiment plus difficiles à obtenir ?
Sur le terrain, on constate bien ce mouvement de tension. C’est extrêmement clair depuis le début de l’année. Ceci concerne les porteurs de projets, dont les repreneurs, mais aussi des PME de taille moyenne qui affiche une belle rentabilité. La situation de l’environnement du crédit change en France du fait de la crise des subprimes, et d’une légère tension inflationniste. Il est indéniable que l’on sent des tensions.
Il est vrai que le métier d’un banquier est de faire fructifier l’épargne qui est placée dans son établissement en lui faisant prendre le minimum de risque possible. Face à tout dossier, il regarde si le plan de trésorerie, par rapport aux risques sectoriels, couvre les remboursements du crédit. Si le banquier a des incertitudes sur le business plan, il va demander des garanties. S’il a foi dans ce business plan, il peut réduire les garanties.

Face à cette situation, quelle est la bonne attitude du repreneur ?
Pour faire face aux tensions de la politique du crédit, il faut que les entrepreneurs augmentent leurs fonds propres. Nous partons d’une situation où, culturellement, le porteur de projet met très peu de fonds propres dans une reprise ou dans une création. La crise aura au moins un mérite, c’est de faire admettre l’idée que l’on ne peut pas reprendre ou créer une entreprise sans fonds propre conséquents. C’est la seule voie pour assurer la pérennité d’une affaire.

Comment monter son plan de financement ?
Pour construire une bonne ingénierie financière, il faut compléter par différent biais sa mise de fonds initiale. Il est conseillé, dans un premier temps, de faire appel au capital-risque individuel c’est-à-dire aux particuliers : love money et business angels. Ensuite, le porteur de projet peut se tourner vers les fonds d’investissement. Il existe des fonds en région qui permettent des petits tickets, tandis qu’avec des opérateurs nationaux le ticket moyen se chiffre en millions d’euros. Le repreneur d’une PME moyenne ne doit pas perdre son temps à aller démarcher ce type de fonds. Il doit solliciter son environnement familial et amical, ensuite, l’entrepreneur peut aller voir des business angels qui peuvent investir 100 ou 200 000 euros. Après, il est alors possible de lever une ligne de 200 000 euros en banque, car les fonds propres sont suffisants. Le repreneur possède dans ce cas une ressource durable qui lui permet de mener à bien son projet. Lever des fonds, c’est bien ; mais il est essentiel que ces fonds permettent de tenir jusqu’à la rentabilité. Donc, il est très important de ne pas voir trop petit.