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Jean-François Roubaud, président de la CGPME

Par Jean-Claude DIDIER, Repreneur

Publié le mercredi 28 mars 2007

> Comment percevez-vous le discours de Ségolène Royal sur les entreprises ?
Ce discours est profondément ambivalent. Au premier abord, on ne peut qu’être d’accord avec des formules du type "je veux être la Présidente de la France qui entreprend".
Mais après examen des 100 propositions de la candidate, les entreprises et leurs organisations représentatives sont amenées à porter un jugement beaucoup plus critique. Il en est ainsi de la "suppression du CNE", qui a pourtant relancé la création d’emploi dans les entreprises de moins de 21 salariés (de l’ordre de 60 000 à 70 000 emplois nets créés) ou encore de la proposition de "faire du CDI la règle" en matière de contrat de travail, ce qui aboutirait à la suppression du CDD et du contrat de travail temporaire, éléments de souplesse indispensables dans une économie développée. En ce qui concerne "la modulation des aides aux entreprises et des exonérations de cotisations (patronales) sociales en fonction de la nature des contrats de travail", elle risque d’être, dans les faits, inapplicable. Il faudrait en effet, notamment, que cette modulation suive quasiment au jour le jour l’évolution des effectifs et des formules de contrat de travail dans les entreprises pour être mise en œuvre, ce qui est pratiquement impossible.

> Que pensez-vous de la proposition de Nicolas Sarkozy de déduire une somme de l’ISF, par exemple jusqu’à 50 000 euros à condition de l’investir dans les PME ?
A notre sens, une telle mesure aurait pour objectif principal de favoriser l’investissement direct et réel dans les petites entreprises. L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est devenu aujourd’hui un impôt complexe, source de fuite des capitaux. D’une part, le dispositif envisagé permettrait à cet impôt d’être mieux compris tout en étant plus viable sur le plan économique. D’autre part, il aurait également pour incidence de renforcer les fonds propres des PME.

> Quel jugement portez-vous sur la proposition de François Bayrou de donner la possibilité d’embaucher deux salariés sans conditions sociales ?
On peut toujours imaginer une formule permettant "d’embaucher deux salariés sans charges sociales". Toutefois, deux remarques critiques s’imposent immédiatement. D’abord, une telle proposition est contradictoire avec d’autres intentions affichées par François Bayrou qui prévoit de réserver les exonérations de charges sociales aux PME. Ensuite, cette mesure a le défaut d’être provisoire.

Entreprissimo 2008