A quoi doit s’attendre le repreneur qui arrive en tant que patron dans sa nouvelle entreprise ?
La prise en main d’une entreprise n’est pas toujours facile, car il faut marquer son empreinte très rapidement. Le repreneur se retrouve à la tête d’une équipe qu’il n’a pas choisie, souvent plus restreinte que celle qu’il a eu l’habitude de gérer dans ses fonctions antérieures. Les valeurs, la culture d’entreprise, le style de management sont probablement différents de ce qu’a pu connaître le repreneur. Il est important de ne pas se précipiter pour tout modifier, mais au contraire de prendre la mesure des choses. Le repreneur doit être à l’écoute du personnel ; il doit essayer de comprendre s’ils sont en attente de changement ou s’ils le craignent. C’est aussi l’occasion pour le nouveau chef d’entreprise d’identifier des salariés qui jusqu’alors n’avaient pas suffisamment été mis en valeur.
Quelle est la bonne durée pour la période de transition ?
Un accompagnement à mon sens est toujours nécessaire, mais concernant la durée, c’est vraiment au cas par cas. J’ai l’exemple de cas où une cohabitation avec le cédant assez longue s’est très bien déroulée et, à l’inverse, alors qu’une transition assez courte était prévue, le cédant et le repreneur se sont quittés bien avant. D’où l’intérêt, avant la cession, de tenter de bien comprendre le cédant et de bien analyser son caractère. Si les négociations se sont bien déroulées, la période de transition qui suit se passe souvent bien. Certains cédants accompagnent en pointillé, ce qui peut se révéler être une bonne formule.
Est-il prudent d’éviter la présence de membres de la famille du cédant au sein de l’entreprise ?
Quand un ou plusieurs membres de la famille du cédant travaillent au sein de l’entreprise, mais que l’on sait que c’est pour une période limitée, cela peut bien se passer. Mais, il est vrai que j’ai de nombreux retours de la part de repreneurs qui expliquent qu’une telle situation s’avère problématique. Il ne s’agit jamais de salariés lambda, ils ont un statut un peu à part. Il est toujours délicat de les gérer et il s’agit souvent d’une source de conflit. Leur présence ou non peut faire partie des négociations avant la cession. Il est vrai qu’un bon nombre de candidat repreneur acceptent, lors des négociations, la présence de membres de la famille du cédant, car cela facilite leur candidature.





