Lors de la phase de recherche de cible puis de négociations, le repreneur se trouve être, généralement, bien entouré. Il bénéficie de l’écoute et des conseils des spécialistes transmission des CCI, le cas échéant du conseiller d’un cabinet de rapprochement, de son avocat, de son expert-comptable, etc. La situation est tout autre, une fois que le repreneur a pris le contrôle de la cible. Il se retrouve bien souvent seul.
Cette situation apparaît pour le moins paradoxale : alors que le dirigeant découvre son métier de patron, qu’il est assailli de doutes, d’hésitations, voir d’angoisses, qu’il est parfois confronté à une certaine défiance des salariés, qu’il doit gérer une multitude de problèmes, qu’il doit dans le même temps asseoir sa légitimité de patron, il est isolé. Ceci est particulièrement vrai dans le cadre de petites structures de moins de dix salariés au sein desquelles le nouveau patron ne pourra pas partager et échanger avec d’autres cadres dirigeants, pour la bonne raison qu’il n’y en a pas.
Le repreneur devenu patron doit alors adopter une démarche volontariste afin de rompre cet isolement. Les solutions sont à portée de mains. Il peut intégrer un club de repreneurs où il bénéficiera de l’expérience d’autres dirigeants qui ont également repris. S’il a reçu l’appui d’un réseau d’accompagnement, comme Réseau Entreprendre ou France Initiative, il aura tout intérêt en phase post-reprise à accepter d’être accompagné par un parrain-chef d’entreprise durant deux ou trois ans. En plus de cet accompagnement, Réseau Entreprendre vient de mettre en place des « task forces » composées de plusieurs patrons chevronnés afin d’aider les lauréats des années précédentes touchés par la crise.
Autre initiative, certaines CCI, à la suite de celle de Grenoble, ont mis en place un système de tutorat pour les repreneurs devenus patron. Bien entendu, le repreneur pourra tirer de grands bénéfices d’une période de transition bien menée. Ceci vaut bien quelques efforts, voire quelques concessions, sur le plan relationnel envers le cédant.
Au final, il est indéniable que l’expérience et les conseils de ses pairs peuvent éviter au nouveau patron de commettre bien des erreurs et souvent lui permettent de gagner un temps précieux. Ce dernier ne tirera que des bénéfices à se rapprocher d’autres qui ont connu, et surmonter, les mêmes difficultés que lui.
Ajout de commentaire
Effectivement, le nouveau repreneur est souvent une personne qui peut se retrouver seule. Il est difficile d'assimiler les pratiques et la culture immédiates d'une entreprise: tout ceci répond d'un process qui prend un certain temps et nécessite une posture ouverte et volontaire du nouveau patron.
Dans le cas de la reprise, le facteur humain est d'ailleurs capital: il faut être en mesure d'être bien entouré et d'identifier les personnes à mêmes de vous accompagner dans la poursuite de son projet. Ces personnes sont aussi bien les membres de l'entreprise que des contacts externes (banquier, investisseurs, etc...). Il est indispensable de prendre un peu de recul une fois la reprise effectuée pour analyser la situation, repérer les synergies et les complémentarités, et tirer le meilleur parti de l’existant. Cela nécessite de bien s’entourer afin de fédérer les équipes désormais mixtes autour du nouveau projet d'entreprise. Il faut aussi accompagner cette nouvelle impulsion à travers un important effort de communication interne. Ces derniers éléments font d’ailleurs partie des étapes finales et cruciales de la reprise d’entreprise.
La reprise ne s’arrête pas à la signature, elle ne fait que commencer une fois la transaction achevée. Les réseaux d'entrepreneurs sont d'ailleurs de bons moyens de surmonter la solitude et l'angoisse qui y est associée. Pour acquérir les "fameuses bonnes pratiques", rien de mieux qu'un exemple, qu'un témoignage, une expérience à valeur de conseil. C'est en partant de ce postulat que nous avons fondé l'Institut Sage, réseau de dirigeants pour et par les dirigeants: personne d'autre mieux qu'eux peuvent apporter des réponses aux questions que se posent les uns et les autres. Posons-nous les bonnes questions, échangeons et puisons dans l'esprit collaboratif les clés du succès. Pourquoi réinventer la roue? Cdt Damien Louvet, Institut Sage, www.institut-sage.com





